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Gestion forestière, ONF et biodiversité : la réponse des associations JADE et Sauvons les Yvelines aux accusations de l’ONF

Depuis plusieurs années, les forêts des Yvelines sont au cœur d’un conflit grandissant entre l’Office national des forêts (ONF) et plusieurs associations environnementales, dont JADE et Sauvons les Yvelines (dont notre association fait partie)


Le 6 novembre 2025, une interview du directeur territorial de l’ONF Île-de-France Ouest, publiée dans Actu78, a marqué un tournant. En affirmant que les associations seraient motivées par le simple souhait de « ne plus voir couper d’arbres », l’ONF a déclenché une vive réaction.

 

Pour rétablir les faits, JADE et Sauvons les Yvelines ont rendu publique une Lettre ouverte, détaillant leurs positions, leurs travaux et les défaillances qu’elles observent sur le terrain.

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Lettre ouverte à Monsieur Savatte
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Pourquoi les associations répondent aux déclarations de l’ONF ?

Dans l’entretien publié par Actu78, le directeur de l’ONF affirme que les démarches des associations seraient motivées par un refus de toute coupe d’arbres.
Ce cadrage, simpliste, est catégoriquement démenti par JADE et Sauvons les Yvelines.

 

Les associations ne s’opposent pas aux coupes, mais aux coupes illégales ou écologiquement risquées

Leur ligne est claire :

  • Elles ne demandent pas l’arrêt de l’exploitation forestière.

  • Elles défendent une sylviculture modérée, scientifiquement fondée, respectueuse des cycles écologiques.

  • Elles s’appuient sur le Code de l’environnement, les arrêtés sur les espèces protégées, et sur des observations de terrain rigoureuses.

 

Qualifier ces actions de simple opposition « militante » est donc, selon les associations, une manœuvre de diversion qui masque les problèmes réels : inventaires incomplets, non-respect de zones humides, pollution, absence de transparence et gestion contestée des habitats naturels.

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Article paru dans Actu78
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Pourquoi une plainte a été déposée contre l’ONF ? Les faits documentés

Le 10 octobre 2025, JADE et Sauvons les Yvelines ont déposé plainte auprès du procureur de Versailles.
La plainte porte principalement sur les coupes effectuées en forêt de Saint-Germain-en-Laye, à proximité de la mare de la parcelle 199, un secteur particulièrement sensible écologiquement.

2.1 Destruction d’habitats d’espèces protégées

Selon les associations, l’intervention menée en janvier 2025 aurait entraîné :

  • l’altération ou la destruction d’habitats d’amphibiens protégés,

  • des perturbations d’habitats de chauves-souris,

  • des travaux en zone humide sans demande de dérogation « espèces protégées », pourtant obligatoire.

Ces éléments constituent, selon la plainte, une infraction au Code de l’environnement et à la directive Habitats-Faune-Flore.

2.2 Inventaires insuffisants : un point critique de la gestion ONF

Grâce à la CADA, les associations ont pu obtenir les données naturalistes internes de l’ONF.
Elles révèlent :

  • aucune observation d’amphibiens enregistrée depuis 2013,

  • seulement 8 observations historiques,

  • une base de données jugée lacunaire et obsolète,

  • des inventaires incompatibles avec une gestion écologique fiable.

Pour JADE et SLY, l’absence d’inventaires actualisés empêche toute mesure de protection réellement adaptée.

2.3 Une récidive : le précédent de la forêt de Beynes

En décembre 2024, un cas similaire avait été signalé en forêt de Beynes, sur la parcelle 17, où :

  • des espèces protégées étaient présentes,

  • des dégradations avaient été observées dans et autour d’un point d’eau,

  • aucune dérogation n’avait été sollicitée.

 

Les associations estiment que ces répétitions témoignent d’un problème systémique dans la gestion de certains secteurs forestiers.

Un autre sujet explosif : la pollution plastique en forêt

Les manchons plastiques utilisés par l’ONF pour protéger les jeunes plantations sont une source de pollution persistante.
Abandonnés au sol, ils se dégradent en microplastiques, contaminant les sols et les nappes phréatiques.

Malgré une opération de ramassage organisée en 2025, les associations constatent :

  • des centaines de manchons encore présents dans les sous-bois,

  • un nettoyage jugé symbolique,

  • un manque de changement structurel dans les pratiques.

 

Notre position se résume simplement à  :
« Couper moins, planter moins, polluer moins. »

Le manque de transparence de l’ONF : un point récurrent de tension

Pendant des années, les associations ont demandé l’accès aux Plans de coupe, indispensables pour analyser les impacts écologiques.
L’ONF a refusé de les transmettre, avant d’y être contraint par la CADA.

Cette opacité alimente un climat de méfiance :

  • absence d’anticipation possible,

  • impossibilité de contrôler la conformité des interventions,

  • sentiment de concertations biaisées.

 

Les associations dénoncent désormais de fausses concertations, où les décisions semblent déjà prises.

Les actions des associations sont basées sur le droit et sur des expertises multiples

Contrairement à l’image véhiculée, les associations :

  • travaillent avec des naturalistes, juristes, écologues, statisticiens,

  • s’appuient sur des données vérifiables,

  • utilisent les voies administratives (CADA, recours gracieux),

  • déposent des plaintes circonstanciées et sourcées.

 

Leur objectif est de garantir une gestion forestière conforme à la loi, fondée sur des données fiables, et respectueuse des écosystèmes forestiers.

Un appel à un vrai dialogue : ferme mais constructif

Dans leur Lettre ouverte, JADE et Sauvons les Yvelines appellent l’ONF à :

  • davantage de retenue dans ses déclarations publiques,

  • un dialogue basé sur des faits vérifiés,

  • la fin des concertations de façade,

  • la révision de modèles de gestion trop invasifs,

  • une gestion plus respectueuse de la biodiversité forestière,

  • une transparence réelle sur les documents et les inventaires,

 

Elles maintiennent également leur remise en cause de la certification PEFC tant que les pratiques actuelles ne garantissent pas la conformité environnementale.

Au-delà de Saint-Germain : un engagement départemental

Les associations sont actives sur plusieurs fronts :

  • forêt de Port-Royal, où un recours gracieux est en cours,

  • forêt de Beynes, avec des signalements récurrents,

  • suivi et restauration des mares forestières,

  • signalements d’atteintes aux zones humides,

  • documentation des impacts des coupes intensives,

  • participation aux comités forestiers,

  • contribution à la défense du patrimoine naturel des Yvelines.

 

Leur action vise à garantir que les forêts publiques restent des espaces vivants, riches en biodiversité et résilients face au changement climatique.

protéger la forêt, c’est protéger le vivant

Les associations JADE et Sauvons les Yvelines ne s’opposent pas à l’exploitation forestière.
Elles s’opposent :

  • aux coupes mal exécutées,

  • aux travaux menés sans respect des lois,

  • aux inventaires insuffisants,

  • à la pollution plastique,

  • au manque de transparence,

  • et aux décisions prises sans concertation réelle.

Elles poursuivront leurs missions d’alerte, de documentation et d’accompagnement du public pour défendre la biodiversité des Yvelines, ses forêts, ses mares, ses zones humides et ses espèces protégées.

 

Parce que la forêt n’est pas un simple stock de bois.
C’est un écosystème complexe, un patrimoine collectif, et un refuge indispensable pour le vivant.

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